Le séminaire VIRAL


Le séminaire VIRAL s’intéressera au cours de l’année académique 2021-2022 à la viralité en ligne et plus largement aux phénomènes de circulation des contenus nativement numériques. Que l’on parle de viralité, de diffusion de l’information, ou encore de dissémination, de circulation ou de partage des contenus, il s’agit toujours d’appréhender un agencement hétérogène d’éléments matériels, sociotechniques, pratiques et discursifs. Parmi ces éléments figurent des signes qui se répliquent ou se transforment, des plateformes et infrastructures techniques aux contraintes variées, des groupes sociaux qui se (re)définissent, des politiques de modération, et aussi des affects et des émotions (peurs, humours, empathies, haines…) qui amorcent le partage et la transformation des contenus.

Ce séminaire permettra de tracer un panorama interdisciplinaire des recherches qui, par l’une ou l’autre de ces entrées, interrogent ces circulations et à leurs traces numériques. Trois dimensions l’animeront principalement : des études de corpus, des réflexions méthodologiques et des approches plus panoramiques, historiques ou sociotechniques.

Le séminaire n’a pas de jour régulier pour ses 8 séances (bien qu’il soit, somme toute, à peu près mensuel), par contre il aura toujours lieu de 17h00 à 18h30 (CEST).

Pour recevoir le lien permettant de suivre une ou des séances du séminaire à distance, merci d’envoyer un mail à valerie.schafer@uni.lu en amont de la/les séances qui vous intéressent (lorsque le séminaire se tiendra également en présentiel à l’Université du Luxembourg, la salle sera indiquée en amont).


Le calendrier


+ jeudi 14 octobre 2021 /
 présentation : Camille Alloing (Univ. du Québec à Montréal) & Alexandre Coutant(Univ. du Québec à Montréal)
 De Barnum à Jay-Z: représentations et pratiques de la viralité au sein des professions de l’influence
   discussion :  Lars Wieneke (Univ. du Luxembourg)

La notion d’influence regroupe tout autant un ensemble de conceptualisations allant des plus mécanistes aux plus complexes, un ensemble de pratiques allant des plus intuitives aux plus formalisées et un ensemble de métiers s’hybridant au sein d’un mouvant ensemble de « professions de l’influence ». Cette intervention sera l’occasion de pointer comment les préoccupations concernant la viralité des contenus diffusés en ligne prolongent les enjeux auxquels se sont confrontées ces professions et ceux souhaitant de longue date faire de l’influence une marchandise. Cette généalogie sera illustrée par plusieurs projets, menés par les membres du Labfluens (UQAM), qui permettront de mettre en perspective comment est abordée la viralité, comment elle justifie certaines actions et comment elle soulève des enjeux éthiques, commerciaux et sociaux.


+ mardi 09 novembre 2021 /
 présentation : Albin Wagener (ch. associé au PreFics – U. Rennes 2):
 Mèmes, humour et politique
   discussion : Valérie Schafer (Univ. du Luxembourg)

Depuis l’avènement du web 2.0, au tournant des années 2000, les mèmes sont apparus comme de nouvelles formes langagières qui ont prospéré sur des boards alternatifs (Reddit, 4Chan) avant d’être popularisés sur les réseaux sociaux conventionnels (notamment Facebook ou Instagram avec les groupes de “neurchi”). En 20 ans les mèmes ont évolué, aussi bien sur la forme que sur le fond, pour devenir des objets plurisémiotiques et multimodaux (notamment avec les gifs) qui peuvent aussi bien commenter des situations de la vie quotidienne que résumer des positionnements politiques – pour le meilleur et pour le pire. Dans l’optique de l’essor des études mémologiques, et en nous appuyant sur un corpus de plus de 1200 mèmes, nous proposerons une analyse des contextes d’utilisation mémétiques. Le but de cette présentation est de montrer les spécificités des mèmes en tant qu’objets langagiers postdigitaux, qui réinterrogent à la fois notre rapport à la communication, à l’argumentation et à la mobilisation d’items culturels.


+ jeudi 16 décembre 2021 /
 présentation : Nicholas John (Hebrew Univ. of Jerusalem):
 The evolution of unfriending
   discussion : Niels Brügger (Univ. of Aarhus)

Social media are all about connectivity. At the same time, every feature for connectivity has its inverse: we can friend and follow people, but we can also unfriend and unfollow them. In this talk, I present the many features for online interpersonal disconnectivity, and show how have they developed over time. This approach shines a spotlight on a neglected aspect of social media, and opens up new ways of thinking about how the platforms conceive of – and construct – online sociability.


+ mardi 15 février 2022 /
 présentation : Pascal Froissart (Sorbonne Université):
 La lutte contre les rumeurs, un nouveau paradigme. Guerre mondiale et sciences sociales
   discussion : Benjamin Thierry (Sorbonne Université)

La rumeur est l’un des premiers concepts des sciences sociales à avoir opérationnalisé la notion de viralité. Les premières théories sur la rumeur apparaissent au début du XXe siècle, mais n’obtiennent pas grand écho en dehors du monde académique. Les années 1940 et l’entrée des États-unis dans la Guerre mondiale changent la donne. La rumeur y acquiert l’aura d’une ennemie de la démocratie, et un nouveau front théorique s’ouvre : on parle alors de lutter contre les rumeurs. Cinquante ans plus tard, les rubriques de fact-checking en seront les héritiers directs.


+ vendredi 11 mars 2022 /
 présentation : Biella Coleman (McGill University):
 From Busting Cults to Breeding Cults: Anonymous Hacktivism vs. QAnon
   discussion : Antonio A. Casilli (Telecom – Paristech)

First emerging from the anonymous imageboard 4chan, Anonymous found its activist sea legs in 2008 during a worldwide protest campaign against the Church of Scientology. Not long after, Anonymous surged in visibility and popularity as hackers used the name to lay claim to high-profile hacktivist actions. Other groups and individuals used it to coordinate dozens of political operations, often supporting social justice movements. A decade later, after Anonymous activity waned, different movements and currents, like the anonymous far-right and the conspiracy theorists QAnon had sprung forth from similar anonymous imageboards. Like Anonymous, these movements and currents played integral, even outsized roles in various political arenas. In contrast to Anonymous, they often worked against the cause of social justice and, in its stead, supported reactionary, racist, conspiratorial or fascist political planks. How are we to understand this radical metamorphosis and the relationships between these currents and movements? In this talk, I will examine the role of critical events, translators, and larger political forces in accounting for their differences and address issues around anonymity, the difficulties in researching anonymous quarters of the internet, and popular journalistic accounts in meshing together aspects of these movements that should be pried apart. In so doing, I will make a case for careful historical analysis in media studies work and to call for the end of a class of categories, like Internet activism, that fails to capture the dynamics and importance of online tools for political movements today.


+ jeudi 24 mars 2022 /
 présentation : Anne Helmond (Univ. of Amsterdam):
 Digital methods for studying spreadability: The dissemination of commenting systems on the web
   discussion : Jane Winters (Univ. of London)

This talk discusses digital methods for examining ‘spreadability’ in relation to ‘virality.’ The affordances of web technologies and platforms enable the sharing of content (its ‘spreadability’) as well as the pace of this sharing (its ‘virality’). Through a case study on the history of online commenting systems, it demonstrates how we may use traces in web archives to examine the dissemination of commenting technologies which serve as drivers of popularisation practices.


+ mardi 12 avril 2022 /
 présentation : Laurence Allard (Univ. de Lille):
 Quand le mème devient rare : ce que nous dit la tokenisation de la culture numérique en temps critique.
   discussion : Frédéric Clavert (Univ. of Luxembourg)

Pour contribuer à l’historicisation de la culture numérique, le moment « Non Fongible Token » constitue un jalon à considérer avec intérêt sans fascination ni préjugé. En prenant comme corpus d’analyse différentes itérations de mèmes tokenisés, comme les cartes « rare pepe », les « cryptokitties » ou encore le « dogecoin », nous discuterons les narrations plurielles de la technologie NFT (retour de la propriété artistique en milieu numérique vs coût environnemental des cryptomonnaies en temps d’effondrement). Lors de cette conférence, nous déplierons l’hypothèse que la dite révolution numérique achève là un cycle de problématisations entre ouverture (open source et remix) et fermeture (cryptoactif et minning).


+ mardi 31 mai 2022 /
 présentation : Virginie Julliard (Sorbonne Université):
 Communauté politique, communauté sémiotique. Ce que la circulation des images révèle de la structuration de la mobilisation anti genre sur Twitter
   discussion : fred Pailler (Univ. of Luxembourg)

Dans cette communication, nous nous attacherons à comprendre ce que la circulation des images révèle de la structuration de la mobilisation anti-genre sur Twitter, dans le contexte du débat sur la “théorie du genre”. Cette circulation est appréhendée à l’échelle d’un corpus de 107 209 tweets collectés entre le 5 octobre 2014 et le 17 juillet 2017, et comprend tout type de republication, que l’image soit retweetée ou non, reprise à l’identique ou transformée. L’analyse des 15 734 images associées aux tweets du corpus révèle différentes modalités de reprise, attestant de l’influence de certaines associations (Vigi-gender et l’Observatoire de la théorie du genre, notamment) dans l’élaboration du régime visuel propre à la mobilisation anti-genre dans le contexte des débats autour de la “théorie du genre”. La communication s’ouvre sur une réflexion autour des enjeux du recours à l’informatique pour automatiser certaines tâches (computer vision, deep learning).

Le séminaire VIRAL, organisé par Fred Pailler et Valérie Schafer, s’intègre au projet de recherche HIVI dédié à l’histoire de la viralité en ligne et mené au C2DH (Université du Luxembourg).

© Université du Luxembourg 2021. All rights reserved

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